jeudi 19 janvier 2012

Lisbonne et la traversee de l’ Atlantique


Dès la fin de mon message précédent sur les les invasions françaises au Portugal , il m’a semblé entendre une petite voix qui demandait « et ensuite, que c’est-t-il passé ? » Je vais retourner un peu dans l’histoire et reprendre la suite des évènements.

Alors imaginons l’état des choses et le moral des gens dans tout le pays, alors qu’on annonçait l’ultimatum de Napoléon Bonaparte, selon lequel le Portugal devait fermer tous ses ports à l’Angleterre, emprisonner les citoyens britanniques qui se trouvaient sur le territoire, et confisquer leurs biens.

Pratiquement tous les pays de l’Europe avaient vu leurs souverains détrônés ; au Portugal la noblesse craignait le sort qui avait été réservé au roi et reine de France ; une armée française de près de 30.000 hommes sous le commandement du général Junot, traverse la frontière le 20 Novembre 1807, et se dirige vers Lisbonne, semant la peur et la dévastation sur  son passage.   



La famille royale de Portugal se préparant à partir pour le Brésil


La capitale du Portugal se jette carrément à la mer (pas du haut du cap de Roca bien sur !). Le port de Lisbonne est envahi par une foule qui se presse pour fuir devant l’arrivé très prochaine des envahisseurs. 

On voit souvent dans les livres cette image de la fuite de la famille royale (un tableau d’un des palais de Lisbonne). Pourtant cette ambiance assez décontractée n’est pas celle qui est transmise par les témoignages de ceux qui ont écrit sur ces évènements d’il y a 200 ans.

Le prince régent Dom João gouvernait le Portugal à cette époque, suite aux crises de démence dont souffrait sa mère la reine Marie 1ère. C’est donc le Prince Régent qui donna l’ordre qu’il fallait absolument que la famille royale, la cour, ministres, juges, prêtres, fonctionnaires, domestiques, soldats, partent rapidement pour leur plus grande colonie, le Brésil (qui était sous administration du Portugal depuis 1500).


L'extrait du filme sur la fuite de la famille royale et l'arrivée au Brésil est surement plus près de la réalité



Extrait du filme "Carlota Joaquina, a Princesa do Brasil"
Youtube: enviado por dadmckenna em 25/04/2010

On emballa tout ce qui était possible d’emporter : documents, livres, cageots de vaisselle, coffres avec bijoux, tableaux, trésors royaux qu’on voulait sauver des mains de l’ennemi, valises de vêtements, chariots, caisses de nourriture, réservoirs d’eau, animaux, et tout ce qu’on pensait qu’il serait indispensable pour un voyage qui allait durer près de deux mois, et presque tout l’argent du royaume.

La capitale de l’Empire Portugais allait être transférée à Rio de Janeiro juste avant l’arrivée des français. Le désordre était grand, les familles se trouvaient séparées, le froid et la pluie de l’hiver rendaient plus difficile l’occupation des bâteaux. On estime qu’il y eu entre 10.000 et 15.000 personnes (dont la moitié peut-être membres des équipages, selon certaines sources) qui allaient remplir les 16 navires portugais, et qui feraient un terrible voyage « serrés comme des sardines en boîte » selon certains écrits.

Les embarcations, escortées par 4 navires anglais, prennent la mer le 29 Novembre 1807, en des conditions précaires, très vite subissant les effets des tempêtes en haute mer, où les navires se perdent les uns des autres, et les familles restent sans nouvelles jusqu’à leur arrivée en sol du Brésil. Au matin du 30 Novembre, Junot et ses soldats font leur entrée à Lisbonne, ayant encore apparemment eu l’occasion d’apercevoir les voiles des bateaux portugais qui quittaient le Tage, mais déjà hors de leur portée.

Après une longue traversée épique, c’est donc en piteux états qu’ils sont arrivés d’abord à  Salvador da Baía le 22 Janvier 1808, dans la chaleur de l'été de l'hémisphère sud,où ils sont restés quelques semaines, avant de reprendre la mer pour le Rio de Janeiro le 24 février. 

Ce transfert de  la capitale a permis à la reine, au régent et aux nobles de ne pas être capturés par les armées françaises, et au Portugal de ne pas disparaître en tant que nation indépendante.  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire